Mortalité routière des amphibiens

Mortalité routière des amphibiens : l’agglomération de Saintes se mobilise

Le déclin de la biodiversité est un phénomène largement observé à l’échelle mondiale, affectant particulièrement les amphibiens. Selon l’UICN, près de la moitié des espèces d’anoures et d’urodèles sont menacées d’extinction dans le monde, et environ un tiers des espèces présentes en France métropolitaine. Ces animaux subissent de multiples pressions : changement climatique, pollution, maladies, ainsi que la dégradation et la fragmentation de leurs habitats. Cette fragmentation entraîne notamment une forte mortalité routière, un problème qui touche également de nombreuses autres espèces animales. Certaines études estiment qu’un tiers des individus d’une population d’amphibiens peut être perdu chaque année à cause des collisions avec les véhicules.

Crapaud épineux et Triton palmé sur la route © T. Babin/NE17

Dans le cadre du programme « Mares et amphibiens », porté par la Communauté d’agglomération de Saintes, Nature Environnement 17 intervient pour accompagner la création, la restauration et la caractérisation de mares, le suivi des populations d’amphibiens et l’étude de la mortalité routière sur les zones les plus sensibles. Quatre secteurs ont été identifiés grâce à des signalements préoccupants via la plateforme Faune Nouvelle-Aquitaine (https://www.faune-nouvelle-aquitaine.org), localisés sur les communes de Fontcouverte, La Chapelle-des-Pots et Saint-Césaire. Le principal enjeu concerne le Crapaud épineux (Bufo spinosus), une espèce encore relativement commune mais aujourd’hui considérée comme menacée.

Une étude a été menée afin d’identifier les sites d’hivernage et de reproduction, ainsi que de localiser et quantifier précisément les individus écrasés dans chaque secteur. Deux sessions de prospection nocturne, réalisées en février avec l’appui de bénévoles, ont permis d’observer plusieurs centaines d’individus en migration prénuptiale, y compris des amplexus. Environ deux cents crapauds écrasés ont été recensés sur le secteur le plus touché. Plusieurs naturalistes locaux ont également effectué des suivis réguliers durant le pic d’activité.

Un diagnostic est en cours de rédaction. Il présentera les résultats de ces prospections : localisation des sites d’hivernage et de reproduction, itinéraires de migration des crapauds et mortalité constatée. Il proposera également des aménagements temporaires et permanents visant à réduire les collisions. Ce document, à destination des collectivités et des entreprises d’aménagement, a pour but d’informer sur la problématique locale et de faire connaître les solutions existantes.

Nous sommes tous concernés et capables d’agir à notre échelle. Plusieurs gestes simples peuvent faire la différence : réduire sa vitesse en soirée à la fin de l’hiver et au début du printemps, ou encore éviter les routes situées à proximité de mares, étangs, marais et zones boisées pendant les périodes de migration.