Ce crapaud épineux a subi le sort que de nombreux amphibiens connaissent chaque année : mourir sur la route.
En effet, chaque fin d’hiver, entre février et mars lorsque les nuits sont humides et douces, les amphibiens sont confrontés chaque année au risque d’écrasement sur les routes lorsqu’ils sont sur le trajet entre leur cachette hivernale et leur site de reproduction. Ils doivent effectivement parfois traverser des routes, sur lesquelles ils sont extrêmement vulnérables. Leur trajet migratoire peut parfois s’étendre sur plusieurs kilomètres, l’occasion de devoir en traverser augmente donc et le risque de se faire écraser avec. Plusieurs milliers de crapauds, grenouilles, salamandres et tritons meurent ainsi chaque année sous nous roues… Et même lorsqu’on les évite en passant par-dessus ou trop proche, ils sont « aspirés » par le souffle de nos véhicules et succombent à ces aspirations brutales, donnant des situations comme celle illustrée. Le crapaud semble intact mais les dépressions de l’air produites par les voitures en mouvement peuvent provoquer des blessures internes entrainant la mort des individus.
Cette mortalité répétée chaque année fragilise les populations et peut également les isoler à cause du cloisonnement que les routes induisent. Dans le contexte actuel de déclin de la biodiversité, les amphibiens font partie des espèces les plus touchées. Il est donc essentiel de réduire drastiquement les dégâts que nous causons chaque année. Plusieurs solutions existent, comme interdire temporairement une portion de route, construire des passages sous les routes, installer des barrières temporaires pour empêcher les amphibiens de passer et les faire traverser à la main…
Depuis 2025, la Communauté d’Agglomération de Saintes et NE17 mènent justement un travail sur ce sujet sur un site d’écrasement situé à Fontcouverte. De nombreux cadavres ont été signalés lors des années précédentes par des riverains ou personnes de passage sur cette portion de route. La commune de Fontcouverte a donc pris des dispositions pour tenter de limiter les écrasements pendant que NE17, à l’aide de ses bénévoles, continue de suivre cette mortalité afin de vérifier si les mesures prises par la commune sont efficaces. Le suivi est en cours au moment où paraît cet article, les résultats ne sont donc pas encore connus.
Vous savez donc maintenant que si vous constatez de nombreux amphibiens sur la route, il faut lever le pied, et encore mieux si c’est possible, emprunter un autre itinéraire. Signaler aux associations locales les tronçons de route où vous constatez cela est également important pour pouvoir agir avant que la population locale d’amphibiens soit décimée.