Mission Noctule commune

Une équipe de choc vole au secours de nos chauves-souris

La Noctule commune est l’une des plus grandes chauves-souris d’Europe. Son envergure importante (entre 32 et 45 cm) lui permet d’effectuer des vols en altitude sur de très longues distances, pouvant atteindre plusieurs centaines de kilomètres par nuit. Cette espèce migratrice est répandue dans une grande partie de l’Europe. La migration concerne principalement les femelles, qui, au printemps, se dirigent vers l’Europe de l’Est, jusqu’en Russie, avant de revenir dans nos régions à partir de septembre pour leurs sites de reproduction et d’hibernation.

 

Noctule commune © Thomas Girard_NE17

Les colonies de mise bas les plus importantes se trouvent principalement dans le Nord et l’Est de l’Europe. Cependant, quelques-unes sont également présentes, ici et là, dans l’Ouest de l’Europe, notamment en France. Leurs gîtes sont avant tout arboricoles (loges de pics, écorces décollées), mais il est aussi possible de les retrouver dans des bâtiments, des infrastructures routières ou encore dans des cavités naturelles.

 

 

Gîtes arboricoles © Thomas Girard_NE17

 

À partir du mois de mai, les femelles se regroupent et s’installent dans leur gîte de mise bas, souvent constitué d’un réseau d’arbres creux. Ce réseau leur permet d’éviter la prédation et le parasitisme en alternant entre les différentes cavités. Elles restent généralement sur ce territoire durant presque toute la période estivale.

À l’échelle nationale, les populations de cette espèce sont en fort déclin, en raison de multiples facteurs : le développement de l’éolien sur leurs routes migratoires, l’agriculture intensive qui réduit le nombre de proies, et la perte d’habitats (notamment la diminution du nombre de vieux arbres).

En Charente-Maritime, seulement deux colonies de mise bas sont connues : l’une dans un réseau de cavités naturelles sur la presqu’île d’Arvert, et l’autre dans un gîte artificiel sur la Réserve Naturelle Régionale de la Massonne (où aucune mise bas n’a été constatée depuis plusieurs années).

Le manque de connaissances sur les mœurs de cette espèce dans le département, ainsi que son état de conservation préoccupant à l’échelle nationale, ont conduit à la création d’un groupe de bénévoles en 2026, afin de combler ces lacunes. Plus d’une dizaine de volontaires actifs se sont mobilisés pour assurer le suivi des colonies déjà connues et rechercher de nouvelles colonies dans le département.

Grâce à leur aide précieuse, plus d’une dizaine de gîtes arboricoles ont été suivis cette année. Plusieurs kilomètres de linéaires d’arbres favorables ont également été prospectés. Des individus isolés, ainsi que deux colonies d’une vingtaine d’individus, ont été recensés, dont une nouvelle colonie de mise bas découverte sur la commune de Saujon.

Colonie de mise-bas © Thomas Girard_NE17

 

De nombreux arbres favorables (présentant des cavités) ont été localisés et feront l’objet de prospections dans les années à venir. Cela permettra, à terme, de mettre en place des actions de conservation pour protéger les gîtes découverts, en sensibilisant les propriétaires et en signant des conventions « Opération refuge chauves-souris ». Plusieurs moyens de protection réglementaire sont également à l’étude.

Un grand merci à notre formidable équipe de bénévoles, sans qui cette première année de suivi n’aurait pas pu être réalisée !

N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez rejoindre ce groupe de chiroptérologues en herbe !

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